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Salon du livre de Paris
du 13 au 18 mars 2009
Hall T017
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Une Datcha en Auvergne
Henri VERDIER
Alexandrovitch Tchakalov, jeune économiste russe, parlant admirablement le français, invite en 1989, un banquier auvergnat à séjourner en U.R.S.S.
Il se rendra à son tour en Auvergne après la chute de Gorbatchev qu'il admirait sans réserve. Il y découvre un clan de six personnalités liées par de solides sentiments de respect et d'amitié, qui, à tour de rôle accueillent ce quadragénaire séduisant, cultivé et mystérieux.
Au fil des rencontres, les regards se croisent, se répondent, s'affinent, faisant dialoguer les deux pays à travers le prisme de chaque milieu social.
De Sotchi au lac Servière, l'amour des êtres humains, de la terre et de la politique s'inscrit dans une intrigue surprenante qui se résout dans les toutes dernières pages
caractéristiques techniques
252 pages, Broché collé, couverture souple
format 120 X 200 mm
code EAN 9782848191104
code ISBN 9782848191104
15€ TTC
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Histoire de l'ouvrage
- nouveauté novembre 2009
Extrait
Sommaire
I Prologue............................................. 7
II Six nouveaux amis................................... 13
III Voyage inattendu à Moscou et à Sotchi............... 19
IV « Sacha », Alexandrovitch en Auvergne............... 53
V Pierre et Alexandre, De l'affinité des hommes
et des paysages ........................................ 57
VI Une journée avec Charles, « employé-acteur »..75
VII Une tempête à Clermont ................................... 89
VIII Une petite entreprise et le « management
baladeur » de Gorbatchev ................................ 105
IX Rencontre avec Adrien, libraire-voyageur........ 119
X Soirée chez Edouard, un ami de Gorbatchev... 143
XI Les journées de Foros ...................................... 167
XII Deux jours avec Jacques, le professeur ........... 179
XIII L'enquête du commissaire honoraire Pierre
Davril ................................................................ 201
XIV Ekatarina........................................................... 207
XV Une balade à ski de fond................................... 211
XVI Journal d'Anna ................................................. 217
XVII Lettre d'Alexandre............................................. 231
XVIII Epilogue ........................................................... 245
Extrait
Prologue
La vie de Pierre Davril fut plutôt bien remplie. Son métier l'avait conduit à diriger des enquêtes difficiles en France, à se déplacer quelquefois Outre-Mer et à l'étranger. Il aimait la recherche de la vérité, il éprouvait peut-être une excitation un peu excessive à l'idée de trouver et de faire punir les coupables, tous ceux qui transgressaient l'ordre nécessaire au bon fonctionnement de la société et perturbaient la vie des « gens honnêtes ».
Aujourd'hui, sa jambe douloureuse (souvenir d'une balle reçue près du genou) repose sur un bas tabouret, le soleil déjà matinal d'avril réchauffe ses articulations qui durcissent et se rouillent. Sous sa terrasse, chaque jour les arbres s'habillent de quelques feuilles et insensiblement les ombres de midi raccourcissent. Plus loin, au sommet de la sombre cathédrale de Clermont, sous leur coiffe aiguë de pénitent noir, deux yeux le regardent fixement, tantôt bleus, tantôt gris, quelquefois noirs charbonneux, au gré des nuages qui traversent le ciel derrière l'immense bâtisse, à l'horizon, au dessus des Monts du Forez. Il sait bien que l'on ne voit que ce qu'on s'attend à voir, qu'il faut du temps pour changer son regard, mais c'est la première fois que les yeux étranges voulus par les architectes du Moyen-âge, ou plutôt imaginés à leur suite par Viollet-le-Duc, semblent l'observer. Deux tourterelles animent sa terrasse, elles s'interpellent en roulant terriblement les « R », se posent quelquefois près de lui. Sans peur. Il croit les reconnaître, chaque printemps elles reviennent puis restent fidèles à sa balustrade la moitié de l'année. Malgré l'heure déjà avancée il sort à peine du sommeil, chacun dit qu'avec l'âge les nuits se font plus courtes, il prouve le contraire ; le soir dès les dix heures il gagne son lit avec volupté, il attend serein le moment où, à peine couché, il s'endort pour une autre vie, souvent étrange, presque toujours agréable, parsemée ici ou là de périodes difficiles qui s'effacent dès l'éveil.
Marianne, sa fidèle compagne depuis plus de trente ans, s'affaire, discrète, ses vêtements soigneusement posés sur le fauteuil rouge l'invitent à s'habiller, à délaisser la mauvaise habitude du vieux peignoir fatigué qu'il enfile par paresse au lever. Il croit, dans sa prime jeunesse, avoir surtout été attiré par la nature tragique des femmes, quelle étonnante erreur ! Il lui fallut du temps pour en venir à préférer la gaieté primesautière, l'humour et la gentillesse attentive au sombre mystère. Aujourd'hui la jeunesse tant célébrée, dans chaque chanson, chaque œuvre littéraire ou de vulgaires publicités pour les crèmes protectrices, s'apparente pour lui, le plus souvent, à une époque mal établie de l'existence, où les émotions et les sentiments manquent de consistance et la prétention à connaître le monde et à le transformer reste touchante. Il regrette pourtant la vivacité de ses émotions et la générosité de ses élans. Certes, il était déjà, comme chacun, ce qu'au seuil de la vieillesse le voici devenu : un arbuste présage, à condition qu'il soit arrosé, l'épaisseur de l'ombrage à venir. Il eut peur longtemps de s'être desséché, des personnages différents continuent à cohabiter en lui, l'un d'eux vit de vieux souvenirs ravivés récemment par quelques mois d'intense et d'étrange renouveau.
Passée la cinquantaine il se croyait déjà vieilli, il pensait ne plus avoir le temps ; comment savoir quand le fil va se couper ? Voici quelques mois, à plus de soixante ans, des émotions nouvelles et fortes l'attendaient. Un souvenir enfoui avait soudain ressurgi ; les images du passé n'émergent jamais par hasard...
06/2010
La maison rurale en Velay et Brivadois
Jean-Pierre MARTY
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