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Les Éditions CRÉER
Salon du livre de Paris
du 13 au 18 mars 2009
Hall T017

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 RABIOUNEL
Berger d'Auvergne
 Suzanne ROBAGLIA
 
Notre homme naquit en Planèze. Tout petit, l'enfant avait fait de la route son domaine ; il y jouait avec le chien. Plus tard, les jours de marchés il y avait appris les leçons de choses et la géographie humaine. Ses parents morts lui laissèrent plus de souvenirs que d'héritage.Le tuteur mit l'enfant à l'école. Là, ses talents divers ne lui servirent à rien. À quinze ans il partit à Paris, mais l'année suivante on le vit à Saint-Flour, du côté de ceux qui se louent dans les fermes. Le pays l'avait repris.
Les demoiselles, les servantes le nommaient entre elles « Rabiour » ce qui veut dire regain. À la ferme où il fit ses premières armes auprès des moutons, on disait par tendresse et intimité « Rabiounel »; cela voulait dire quelque chose de plus, ou de moins, mais seulement pour les Sanflorains, et c'était un secret entre eux.
Désormais il ne quitterait plus la montagne et s'en trouverait bien.
Presse
Écrit par une femme-artiste dont la vie fut exceptionnelle, ce récit de la vie d'un berger cantalou fourmille de mille détails et chante l'amour d'un pays et de la ruralité. (...) Le ton est vif, le style sans fioritures, tout de tendresse.
Pâtre
 
caractéristiques techniques
252 pages, Broché collé, couverture souple
31 dessins de Lucien Gire
format 120 X 205 X 14 mm
code EAN 9782848190273
code ISBN 2-84819-027-2
15€ TTCAjouter au panier
Histoire de l'ouvrage
- Édition août 1979
Extrait
Les PIES

Elles cassent les oreilles, on voudrait fuir. Les chiens leur aboient, les chiens n'aiment pas « de leur voir faire leur manège », rien n'y fait, elles se perchent sur le pommier devant la ferme, elles ne partiront que lorsqu'on aura pleuré.
Une mauvaise nouvelle est en route. Les oiseaux sont rarement trompeurs. Rabiour est persuadé qu'ils ont une espèce de T.S.F. à eux pour les renseigner.
Par trois fois la femme du garde est arrivée du bourg, porter des dépêches. Une porteuse ne doit pas dire ce que contient le papier, mais puisqu'elle l'a écrit sous la dictée du téléphone, ses voisins se chargent de la vulgarisation des secrets. Sans rien dire, on donne à comprendre.
Il n'y a pas à être sorcier pour deviner le genre de littérature qu'elle transporte à travers la région. Les bonnes nouvelles lui donnent des jambes, les gens sont mieux disposés pour une annonciatrice de joie que pour une messagère de peine. Depuis qu'elle est facteur cette femme a grandi, elle a pris de l'expérience.
Rabiour en la regardant passer est semblable aux oiseaux, une communication s'établit qui l'avertit de loin que cette fois-ci, le malheur est proche.
Il arrête les ébats de César et de Papillon : « Le pauvre moussu, leur dit-il, on le verra plus ! » Souviens-toi, Papillon, que tu n'en as jamais vu un moins fier avec le monde. Un savant, c'était lui. Il était trop intelligent ; trop amateur des livres ; le savoir et la réflexion lui ont mangé sa vie. Celui que le malheur poursuit, il n'y a pas de grotte où il puisse se cacher, même en payant ».
 
06/2010
La maison rurale en Velay et Brivadois
Jean-Pierre MARTY
Centre National du Livre