Ils étaient la Légende

Éditions CRÉER

L'Auvergne a ses deux figures : le bougnat à Paris, le vacher dans la montagne. On les plaignait, le premier pour se charge, le second pour son isolement. Ils ont été l'Histoire !... Aujourd'hui, ils sont la Légende !... Leur caricature les a représentés petits. L'Histoire en a fait des très grand !... Ce livre est à  leur gloire.

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Description

Auteur Philippe ROUCARIE

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Il est des images que le Temps a imposées. Le petit Savoyard était ramoneur et on connaissait l'Auvergne par ses deux figures : le bougnat à Paris, le vacher dans la montagne. On les plaignait, le premier pour sa charge le second pour son isolement . Ils ont été l'Histoire !... Aujourd'hui, ils sont la Légende !... Demain ils seront oubliés !... Ainsi va la vie !... Mais cette vision, réductrice à souhait, était fausse. Le bougnat était arrivé, un jour. Il avait commencé par ce que personne ne voulait faire. Il grimpait l'eau dans les étages. Il était la victime. Mais il espérait que sa revanche découlerait de sa persévérance  Il serait garçon de café, patron de restaurant, parfois de brasserie. Il reviendrait, un jour, dans sa campagne. Crésus dans l'anonymat. Il y retrouverait son ami, le vacher créateur d'un fromage dont plus jamais on ne fabriquera l'équivalent.  Leur caricature les a représentés petits. L'histoire en a fait des très grands !... Ce livre est à leur gloire.

 

EXTRAIT

 La nouvelle avait couru, pareille à une traînée de poudre. Charlou avait quitté ce monde, tout simplement, sans un mot. Comme il lui arrivait cent fois par jour de répéter ce geste élémentaire, il avait grimpé les trois marches du buron. Il avait parcouru des yeux cette immensité qui était son univers et dont il se sentait persuadé d’être le centre, il avait poussé une sorte de soupir et s’était affaissé sous l’œil incrédule du bouteiller et la surprise du petit la Flûte. Et, tout s’était enchaîné. De suite, Jean avait compris qu’il venait de se passer quelque chose qu’il n’avait pas jugée comme l’irréparable mais sûrement comme très grave. Avec le petit, il avait tenté de retourner celui qui était son patron et devant la rigidité des traits et la fixité du regard il avait réalisé qu’il lui importait de réagir, vite. D’abord il ne pouvait le laisser là, dehors. Il lui avait bien tapoté les joues, l’avait aspergé avec l’eau glacée de la source mais devant l’inanité de ses initiatives, ils l’avaient empoigné sous les aisselles, soulevé à peine et, maintenant, ils le tiraient, l’amenant d’abord à l’entrée du buron puis au bas des marches. Dans une sorte de rêve, ils le voyaient glisser par à-coups, persuadés qu’ils devaient l’allonger sur ce qui lui servait de lit, paillasse que son poids avait fini par écraser. La table les gênait. Le bouteiller a tenté de la repousser avec la hanche mais ils ont dû abandonner leur charge, éloigner le madrier qui servait de dessus, écarter les pieds sur lesquels il était calé. Ils ont éprouvé une grande peine à soulever à nouveau leur compagnon, le faire basculer, le poser à plat sur un matelas que l’usage avait transformé en une succession de boules. Ils auraient dû être effrayés par la gravité de l’événement. La vie, en temps habituel, effaçait un peu la rudesse du lieu et la nudité du cadre. Là, il apparaissait dans toute sa rigueur et il a fallu l’habitude pour ne pas s’enfuir. Jean regardait le petit qui ne quittait pas le patron des yeux. Il l’a secoué : « Cours prévenir le couarre !… » Le couarre ? C’était le maître, là-bas, dans la vallée, la ferme dont ils dépendaient tous les trois… « Lui ? Il saura quoi faire !… » Et il a ajouté : « Moi ? Il me faut aller traire !… » À côté du parc le troupeau attendait… la vie continuait…  Comme en surimpression, le bouteiller a vu le petit s’échapper, prendre sa course dès la porte franchie. Et de suite il a disparu, effacé par un repli du vallon. Il s’est retrouvé seul, a, en deux pas, rejoint celui qui, pendant des années avait été son compagnon. Et, poussé par l’habitude, c’est à lui qu’il adressait ses tâtonnements. Il avait été si longtemps dans la peau du second que, prendre une décision sans la commenter, l’expliquer, demander au moins une approbation tacite, lui  paraissait inimaginable. Il a répété : « Il me faut aller traire !… » Mais, de suite, les obstacles surgissaient de partout : « Je ne pourrai pas prendre la gerle !… Elle est trop lourde !... Je ne pourrai pas la rapporter !… Je vais emporter deux seaux ! Quand ils seront pleins, je les ramènerai !… » Et, comme pour s’excuser : « Il faut que j’y aille maintenant !… Je mettrai longtemps ! Au moins jusqu’à la nuit !… » Et soudain l’immensité de la tâche lui est apparue : « Traire ?… C’est bien !… Mais le fromage ?… Qui fera le fromage ?… » Il s’est senti seul, abandonné. Il a éprouvé une impression de découragement qui l’a figé sur place. Mais, de suite, il s’est repris. Il a répété pour se réconforter : « Le couarre saura !… Il m’enverra quelqu’un ! … » En définitive, ce n’était pas la disparition du vacher qui le traumatisait… C’étaient les conséquences !… Et il est parti rassembler le troupeau, le regrouper dans le parc. Il allait commencer par les bêtes qu’il trayait à l’habitude. Quand il aurait fini, il improviserait. Le temps apporterait sa solution. Pour le moment il refusait de réfléchir aux difficultés. Il pensait à son compagnon, évidemment, mais toujours en considération des problèmes que ce départ lui posait. Et, brusquement, sans savoir pourquoi, une remarque de Louis, au sujet de Charlou, lui est revenue à l’esprit : « Ton vacher ? C’est un tracteur !… » Il avait raison, Louis !… Lui ? Il savait !… Mais il a réalisé de suite, le bouteiller. Du tracteur ? Charlou avait la force. Seulement, pour le traîner, il n’avait qu’un tout petit moteur. Et cette mécanique ordinaire venait de casser.

Caractéristiques

  • Auteur : Philippe ROUCARIE
  • Format : 16,5 x 24 cm, épaisseur 16 mm
  • 230 pages
  • Composé en "gros" caractère, (corps 14)
  • Broché collé couverture souple sans rabats
  • Poids: 455g

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