LE SORCIER DE MONTAIGU - Roman uchronique

Éditions CRÉER

De la Normandie à Versailles, en passant par l’'Amérique de Benjamin Franklin et le Paris de la Révolution, le « sorcier de Montaigu » nous entraîne dans les méandres de ses aventures et dans les coulisses du trône de France.

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Description

Auteur : Jacques MARION

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De la Normandie à Versailles, en passant par l’Amérique de Benjamin Franklin et le Paris de la Révolution, le « sorcier de Montaigu » nous entraîne dans les méandres de ses aventures et dans les coulisses du trône de France. Henry Louis Gaspard Hercule Vidame de Brix, dit le « sorcier de Montaigu », gentilhomme actif et inventif, maître verrier et érudit, prête sa voix à l’auteur pour défendre et proposer une vision de notre histoire revisitée.

Et si la Révolution dont nous sommes si fiers n’avait pas eu lieu, mais que, au contraire, un cynique efficace entouré de gens avisés avait su accompagner les événements et les maîtriser ?

Venez découvrir l’une des plus célèbres pages de l’histoire de France rêvée par un auteur à la plume délicieusement déconcertante.

 

EXTRAIT

LES LUMIÈRES DU SIÈCLE

Ironique, l’apostrophe fusa :
- Ainsi, vous l’emportez, et la faveur du roi vous élève en un rang qui n’était dû qu’à moi !
Interloqué, l’interpellé leva haut vers le front un sourcil gauche bien dessiné, mimique dont il avait souvent vérifié l’impact auprès des hommes de poids et des femmes légères.
À peine sarcastique, le Sorcier s’empressa de calmer cette ire naissante.
- Rassurez-vous, Ségur. Fût-il venu au Roi l’étrange fantaisie de me proposer la Guerre que je n’en eusse pas voulu ! Être ministre n’est pas mon emploi. Et moins encore de mon goût. En faire, en pousser, si j’en avais moyen, peut-être… Mais il est trop tôt sans doute, ou peut-être trop tard…
Son ironique mise au point à peine lancée, Brix se mordit cette langue qu’il avait trop pointue. Flagrant délit. Trop parlé. Trop vite surtout. Dangereux, peut-être. Ridicule, sûrement. Lâcher cela devant un Ségur infatué de lui-même autant que de ses ancêtres, l’exprimer en trois mots, même flanqués d’un « peut-être » n’était-ce pas compromettre le rêve en lui donnant les apparences d’une réalité fantasmée ?
« Faire » quelques ministres, il y avait beau temps qu’Henry Louis Gaspard Hercule, vidame de Brix seigneur de La Brisette en rêvait. D’aussi longtemps qu’il se souvint, il avait toujours ressenti l’envie de changer un peu, ou si possible beaucoup, le milieu qui l’entourait.

« Pourquoi voulez-vous donc toujours révolutionner les choses à votre façon ? » lui avait un jour lancé une très digne arrière-grand-mère jugeant pour sa part que « les choses » allaient d’un fort bon train. Son propre père, plus docte, mais n’en pensant pas moins, lui avait en une autre occurrence asséné que « refaire le monde n’était pas ouvrage pour un homme de qualité ». Quinquagénaire, l’intéressé en souriait encore. Car depuis une trentaine d’années bien comptées, il en avait tout de même changé pas mal autour de lui, « des choses »…
Et d’abord sur ses terres. Aidé, il était vrai, des lumières du siècle.
Tout autant que Gilles, son antique aïeul, sire de Gouberville, à sept ou huit lieues d’ici, bien tombé en son « beau XVIe », à la veille des désastreuses guerres sur le fait de religion, il avait largement profité du sien. Il avait su, accompagnant l’essor agricole de son époque, tirer le meilleur parti de son fief de La Brisette. Comme le grand-père Gouberville, il avait veillé à accroître d’année en année le rendement de son blé. À l’affût de toute méthode nouvelle, il avait depuis longtemps modifié le système d’assolement. Suivant une technique venue des pays du Plain et d’Isigny, plus à l’Est, il avait mis en herbe ses pièces les plus humides. L’herbe « y poussant le boeuf » comme en Bray, ses bêtes désormais faisaient prime sur les marchés de Caen, de Rouen et de Paris.

« De tout ce qu’il touche il fait de l’or », disaient les vilains des environs sans tout à fait comprendre, mais constatant que pour eux-mêmes la vie, comparée à celle de leurs parents, s’était améliorée. Il y avait gagné ce surnom de « Sorcier de Montaigu », du nom de la paroisse sur laquelle se situait le fief.
Ce n’avait pas été sans mal. Veuf sans enfant d’une jeune épouse très aimée, il donnait à l’activité publique et « professionnelle » le temps qu’il aurait tant aimé consacrer à son foyer.
Soucieux de s’aérer la cervelle, Brix fréquentait assi-dûment la petite ville voisine. De Valognes, cité de robins, de chanoines, de moniales et de hobereaux, on disait « qu’il n’était homme de cour qui n’ait trois mois de Valognes ». La plus grande partie de la noblesse rurale des environs y avait établi ses quartiers d’hiver sous la forme de charmants, parce que très sobres, hôtels particuliers. D’où la présence ici d’une société courtoise que décrirait un jour le grand Barbey. La ville abritait aussi la loge des Amis de l’Humanité en laquelle il avait été reçu. De mois en mois on y discutait entre gens de bien de la meilleure forme à donner au gouvernement des hommes. La compagnie était diverse. Brix y retrouvait nombre de ses amis ou alliés gentilshommes, dont un Gramont, propriétaire d’un spectaculaire château (dit « hôtel ») presque neuf, quelques magistrats de plus ou moins récente noblesse, plus un ou deux tabellions y aspirant. Il y croisait souvent aussi des membres, parmi les plus distingués, du clergé cotentinais. Beaucoup plus souvent en tout cas que dans son humble église locale, chapiteaux romans sous voûte Henri II où il avait son banc, bien délaissé, et depuis 1760, la litre de son père.

Caractéristiques

  • Auteur Jacques MARION
  • Roman Uchronique
  • Format 12 x 20 cm, épaisseur 21 mm
  • 250 pages
  • Imprimé sur papier bouffant ivoire
  • Couverture avec deux rabats
  • Existe en numérique PDF et EPUB

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