Auteur : Anne Comtour
Préface : Marie-Jo Bonnet
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Il est rare de tomber sur un ouvrage qui capture l'attention dès la première page, mais "La Proposition" d'Anne Comtour parvient à le faire avec aisance. Ce livre n'est pas seulement une œuvre littéraire, c'est une expérience qui promet de vous transporter dans un univers aussi intrigant que fascinant. L'auteure, connue pour son talent unique, nous offre ici un récit qui ne saurait laisser indifférent. L'intrigue, habilement ficelée, nous tient en haleine du début à la fin, révélant au fur et à mesure les mystères qui jalonnent les pages. Chaque chapitre est un voyage inédit au cœur de l'âme humaine, une exploration des sentiments les plus profonds qui résident en chacun de nous.
Anne Comtour, avec son style inimitable, parvient à donner vie à ses personnages. Chaque protagoniste semble si réel que l'on a l'impression de les connaître personnellement. Ils ne sont pas simplement des personnages de papier, mais des représentations vivantes de personnalités complexes et captivantes. Ce pouvoir d'évocation est sans doute l'un des éléments les plus séduisants de son écriture. À travers leurs aventures, leurs doutes et leurs espoirs, c'est toute une palette d'émotions qui est dépeinte. Le lecteur est invité à réfléchir, à ressentir, à comprendre ce qui anime chacun d'eux, creusant ainsi les thèmes universels de la quête de soi et de la recherche de vérité.
Dans "La Proposition", l'intrigue prend son essor autour d'un événement surprenant, un mystère qui vient troubler l'ordre établi. L'auteure nous plonge dans un univers où chaque détail a son importance. Les indices sont semés avec soin, et le lecteur se trouve entraîné dans une quête où chaque page tournée recèle son lot de révélations. Anne Comtour démontre ici une maîtrise exceptionnelle de l'art du suspense. Les retournements de situation, bien que surprenants, s'intègrent parfaitement à l'histoire, maintenant un rythme haletant tout au long de l'ouvrage.
Ce qui distingue Anne Comtour dans ce roman, c'est sa capacité à marier simplicité et profondeur. Elle manie l'art du récit avec une subtilité qui incite à plonger dans les réflexions intimes des personnages sans jamais s'égarer dans la complexité. Son écriture est fluide, chaque mot est choisi avec soin pour servir l'histoire, créer de l'empathie, et susciter la curiosité. Jamais prétentieuse, toujours sincère, sa plume est un véritable régal pour l'esprit, un témoignage de son talent indéniable à raconter des histoires qui résonnent en chacun de nous.
Dans la quête des vérités cachées, "La Proposition" nous interpelle sur des questions profondes et essentielles. L'intrigue, agit comme un miroir de notre réalité, mettant en lumière les choix, les dilemmes et les compromis auxquels chacun pourrait être confronté. À travers les yeux des personnages, le lecteur est amené à envisager sa propre vie sous un angle nouveau, à questionner les certitudes et à explorer les vérités personnelles qui sommeillent en lui. Cette introspection est l'une des forces du récit, rendant l'expérience de lecture particulièrement profonde et enrichissante.
L'une des grandes réussites de ce livre réside dans sa capacité à créer du lien entre les personnages et le lecteur. Au-delà de l'histoire, ce son les émotions et les expériences qui unissent. Anne Comtour sait comment toucher le cœur de ses lecteurs, les impliquant émotionnellement dans chaque péripétie. Chaque interaction entre les personnages est une illustration vivante des relations humaines, de leurs nuances et de leurs complexités. Par cette approche, l'auteure nous invite à ressentir de l'empathie, à mieux comprendre les autres, mais aussi à mieux nous comprendre nous-même.
Il est fascinant de constater comment un livre peut susciter tant de réflexions, tout en divertissant pleinement. Anne Comtour réussit brillamment cet exploit avec "La Proposition". Son talent pour transformer une histoire en une aventure captivante et introspective est indéniable. Le lecteur se laisse entraîner avec plaisir dans cet univers, savourant chaque moment passé en compagnie des personnages. Ce livre est une véritable ode à la littérature, une invitation à découvrir le monde qui nous entoure à travers la fiction.
En conclusion, si vous cherchez une lecture qui allie passion et réflexion, ne cherchez pas plus loin que "La Proposition". Ce roman historique d'Anne Comtour est une pépite qui ne manquera pas de vous captiver. Son intrigue riche, ses personnages attachants et sa profondeur émotionnelle font de ce livre un incontournable. Préparez-vous à être emporté dans un tourbillon d'émotions et de pensées, et à découvrir une histoire qui restera gravée dans votre mémoire bien après avoir tourné la dernière page.
4e de couverture
Une peintre oubliée, mais pas son œuvre !
Il faut gratter la signature d’artistes plus connus pour trouver la sienne sur des tableaux hollandais du Siècle d’or.
Maître reconnu par la Guilde de Saint-Luc de Haarlem, elle aurait cessé de peindre dès son mariage.
Où est donc la vérité ?
Et qui était cette femme redécouverte après trois siècles d’oubli ?
Dans ces pages colorées, joyeuses, à l’image des tableaux de Judith Leyster, Anne Comtour ouvre le rideau : non, Rembrandt n’était pas le seul grand maître !
EXTRAIT DE LA PREFACE
Préface
Judith Leyster
Le choix de La Proposition comme photo de couverture et titre de la biographie de Judith Leyster ouvre, pour nous lecteurs et lectrices du XXIe siècle, la passionnante question du point de vue en art.
Qu’est-ce qui donne de la valeur à une œuvre d’art, demande Anne Comtour avec ce choix singulier ? Et qu’est-ce qui fait qu’une artiste comme Judith Leyster a pu être « oubliée » pendant deux siècles après avoir peint ce tableau ?
Du point de vue des hiérarchies académiques, La Proposition, ou sous sa forme longue Homme proposant de l’argent à une jeune femme, est rangée dans la catégorie peinture de genre, c’est-à-dire celle qui représente des scènes de la vie quotidienne dépourvues d’enseignement biblique, philosophique ou historique. Notons d’ailleurs qu’en ce début du XVIIe siècle hollandais, Judith Leyster s’inscrit dans le courant des peintres de Haarlem, qui montrent tous des scènes de cabaret, de musiciens ou de « joyeuses compagnies » comme Frans Hals ou Jan Miense Molenaer ont pu en immortaliser.
Dans La Proposition, la scène se concentre sur une banale histoire d’un homme qui propose de l’argent à une femme pour acheter ses charmes. Proposition de multiples fois traitée dans l’histoire de l’art.
Sauf que ce qui change ici, c’est le point de vue.
On voit deux personnages. Un homme, à gauche, debout, le coude appuyé sur un guéridon sur lequel est posée une bougie. Sa main gauche touche l’épaule de la jeune femme, penchée sur son ouvrage, et qui ne semble pas être perturbée par l’intrus. La scène est éclairée par la bougie qui met en valeur la blouse blanche de la femme qui contraste avec le côté gauche de son corps comme plongé dans l’obscurité. Il faut s’approcher du tableau pour voir plus précisément les mains des deux personnages, peintes au même niveau. L’une est remplie de pièces d’or. Celles de la femme en revanche continuent de coudre. Elle ne veut pas, c’est évident. Et voilà que cette banale scène de genre déploie devant nos yeux une histoire de harcèlement sexuel peinte il y a presque quatre siècles (1631) du point de vue d’une femme.
EXTRAIT DU LIVRE
Londres, 1892
La galerie d’art Lawrie & Co jouit d’une excellente réputation. Amateurs d’art éclairés, titrés, s’y pressent et s’extasient. Achètent. Voire se disputent :
— Je suis désolé, mais ce tableau vient d’être acquis par la Couronne d’Angleterre.
Thomas Lawrie et son fils ne sont pas désolés, mais polis. Ils ne vexent personne et font fortune.
Cornelis Hofstede de Groot est venu spécialement d’Amsterdam pour inaugurer leur exposition de maîtres flamands et hollandais du XVIIe siècle. Collectionneur, historien de l’art, il a prouvé l’authenticité de plus de trois cents Rembrandt. C’est le spécialiste indiscuté du Siècle d’Or néerlandais.
— La Proposition, de Frans Hals ! On reconnaît bien sa maîtrise du clair-obscur, des textiles, de la fourrure, déclare un journaliste.
— Et des visages ! reprend un critique.
— Quel sujet osé : un homme propose de l’argent à une jeune femme, en échange de services. On voit facilement lesquels !
— Les peintres hollandais du Siècle d’Or n’étaient pas toujours gens d’église. C’étaient des hommes affranchis ! Parfois buveurs, paillards… ils ont peint des tavernes avec réalisme : désordre, beuveries, femmes avenantes alcoolisées…
— Mais la jeune femme n’a pas l’air d’une prostituée ! Elle coud… et ne lève pas les yeux de son ouvrage.
— Alors que fait cet homme près d’elle ?
— Il l’importune, c’est visible ! Elle est peut-être domestique chez un grand bourgeois, dont les invités batifolent dans les communs. En chasse !
— Ils se permettent de courir après les servantes, persuadés qu’il peuvent tout obtenir par leur argent, avance une dame à cheveux courts et petit chapeau mou. Elle paraît bien vertueuse, en effet, cette petite : pas de décolleté plongeant, pas un regard vers ce type…
— Qui porte une sorte de toque en fourrure, pointue, comme en arboraient les voisins teutons…
— Colonisateurs, ennemis des Frisons, des Hollandais, des Flamands…
— Frans Hals a parfaitement saisi ce contexte politique, c’est admirable, en plus de la sûreté de son tracé, la virtuosité des couleurs, des formes… Ces grands coups de pinceau rapides, qui cependant rendent parfaitement les nuances d’un drapé…
Hofstede de Groot lisse sa délicate moustache blonde, lève doucement un sourcil presque roux et déclare, sûr de son effet :
— Ce tableau n’est pas de Frans Hals !
Murmures, questions, interjections, contestations. Pas de Frans Hals, le grand maître de Haarlem ? Mais de qui alors ?
— Ce tableau est un Judith Leyster !
Rumeur, stupeur… Leyster ? Comment dites-vous ?… Vraiment ? Judith ? Une femme ? Êtes-vous sûr ?
Le galeriste intente un procès à son fournisseur, le très fameux Charles Wertheimer. La probité de ce dernier n’est pas mise en cause : aucune intention maligne, déclare le tribunal. Lawrie & Co acceptent de garder le tableau contre une compensation.
Le tableau soigneusement nettoyé, apparaît, sous la signature de Frans Hals, un simple monogramme : JL*.