Roman Historique 'Sofonisba'

Éditions CRÉER

[...] Je me désolais qu’il y ait eu si peu de femmes peintres. Et voilà qu’au sortir de cette lecture, je découvre cette artiste, cette peintresse, jaillie de la Renaissance. [...]
Présentation du livre - Sofonisba - de Anne Comtour aux éditions CRÉER - Autoportrait de Sofonisba en fond avec la 1er de couverture du livre à gauche copie
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16,00

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Description

Auteur : Anne COMTOUR
Préface : Élise FONTENAILLE

BABELIO AVIS DES LECTEURS

VERSIONS NUMERIQUES DISPONIBLES sur NUMILOG et sur GOOGLE PLAY

Version en Italien traduit du Français par Laura BERNA

 

4ème de couverture

J’avoue, jusqu’à ce que je lise SOFONISBA, le dernier roman d’Anne Comtour, je n’avais jamais entendu parler de Sofonisba Anguissola.
Et je me désolais qu’il y ait eu si peu de femmes peintres.
Et voilà qu’au sortir de cette lecture, je découvre cette artiste, cette peintresse, jaillie de la Renaissance.
En une centaine de pages, légères, précises, enlevées… Anne C. nous entraîne dans un tourbillon de joie. On suit Sofonisba dans ses apprentissages ; on la voit broyer ses couleurs, tendre ses toiles, manier fusains et pinceaux ; on l’entend jouer du virginal ; on assiste à la naissance de ses talents.
Par la vivacité et la grâce de ces lignes, j’ai la sensation d’avoir découvert, en plus d’un grand peintre injustement méconnu, portraitiste hardie et virtuose, une nouvelle amie ; et cela n’a pas de prix.
Longue vie nouvelle à Sofonisba !
À quand une exposition de ses toiles en France ?
En attendant, plongeons dans ce récit enjoué, irradié par le soleil d’Italie, comme dans un torrent d’eau vive.
Élise Fontenaille

Argumentaire

  1. Une lumière sur une artiste méconnue : Sofonisba Anguissola, peintresse talentueuse de la Renaissance, est redécouverte dans ce récit vibrant, porteur d'une voix féminine trop longtemps ignorée par l'Histoire.
  2. Un style captivant : Anne Comtour fait preuve d’une plume légère et élégante, qui transporte le lecteur dans un monde de créativité, de passion et de Renaissance italienne.
  3. Une héroïne attachante et inspirante : De son enfance studieuse à Crémone jusqu’à sa rencontre avec Michel-Ange, Sofonisba trace un chemin de détermination et de talent hors du commun.
  4. Un regard intime sur la vie et l’art : Le roman révèle avec sensibilité les défis d’être une femme artiste dans un univers dominé par les hommes.
  5. Une fresque vivante de la Renaissance : On ressent le tumulte des ateliers, la magie des couleurs et la ferveur des créateurs de l'époque.
  6. Un voyage irradié de la lumière italienne : Les descriptions sensorielles immergent le lecteur dans un univers pictural où la vie et l’art ne font qu’un.
  7. Un hommage aux femmes créatrices : En donnant la parole à une figure d’avant-garde, l’auteur célèbre l’ambition féminine et l’héritage des pionnières oubliées.
  8. Une source d’inspiration pour les amateurs d’art : L’interaction de Sofonisba avec des maîtres tels que Michel-Ange invite à une relecture passionnée des chefs-d'œuvre du passé.
  9. Un récit accessible et évocateur : Par ses anecdotes pleines d’humanité, le livre convient aussi bien aux amateurs d’art qu’à ceux découvrant la Renaissance.
  10. Une incitation à redécouvrir le patrimoine culturel : À travers Sofonisba, c’est un pan entier de l’Histoire qui reprend vie, vibrant d’émotions et d’authenticité.

 

EXTRAIT

 

1

Pinceaux, pinces et crustacés

— L’écrevisse ! Ce dessin suinte l’écrevisse ! Et les larmes !

Paolo palpite : la douleur du bambin lui saute à la face. Grimaçant sous ses bouclettes, bouffi par les cris, ses pauvres doigts contractés… Une petite fille le tient par l’épaule, lui sourit, mais c’est elle, la perfide, qui lui a tendu le panier aux écrevisses. Ah, elle peut le réconforter, maintenant !

— Saisissant ! Tu devrais l’envoyer à Michel-Ange Buonarroti. On dit qu’il conseille et encourage les jeunes artistes. C’est de ton fils ?

— Non, de Sofonisba !

Amilcare Anguissola est fier : ses enfants ont du talent. « Garçons ou filles, tous cultiveront leurs dons » a-t-il décidé. « Et ils auront des prénoms carthaginois ! »

Bianca l’approuve pour l’éducation mais rechigne pour le prénom : la mode est plutôt à la mythologie gréco-romaine, aux saints évangélistes ou aux martyrs chrétiens.

— Tradition de ma famille ! maintient Amilcare.

Bianca prie neuf mois pour que l’enfant soit un mâle : un bel Annibale, passe encore ! Fils d’Amilcare, lui-même fils d’Amilcare et petit-fils d’Annibale. Mais le nourrisson rouge et fripé, à la toison déjà épaisse, d’un blond roux chaleureux, est manifestement une fille.

— Sophonisba, prononce le père ému mais autoritaire (il a quarante ans, veuf sans enfant, la tradition ne peut plus attendre) était une prestigieuse reine de Carthage. Fort éduquée en lettres et arts, elle charmait par sa voix, sa beauté, son intelligence. Des rois se sont battus pour elle !

— Bien, dit Bianca, convaincue, acceptons le présage, guerres mises à part. Mais à l’avenir, les prénoms carthaginois, réservons-les aux garçons !

Sur ce, elle engendre cinq filles : Elena, Lucia, Minerva, puis Europa et Anna Maria1. Enfants studieuses et rieuses, tendres et malicieuses.

— Asdrubale, mon fils, est notre dernier né. Il a servi de modèle pour ce Bambin mordu par une écrevisse.2 Ses soeurs l’adorent mais lui font des farces. Il avait trois ans ! Auprès de lui c’est Minerva.

Amilcare sourit. L’enthousiasme, l’application des fillettes illuminaient la maison. Dessiner, colorer… Sofonisba surtout ne s’en lassait jamais. Sans cesse elle demandait à parents, serviteurs, invités, de poser pour elle. À défaut, elle dessinait les fleurs du jardin, les fruits sur le buffet, les légumes du potager. Mais à l’époque, ce ne sont pas des sujets sérieux ! Les portraits, les scènes bibliques, la vie des saints : voilà la vraie peinture ! À huit ans elle brossait son premier autoportrait. À dix ans, elle allait déjà dans les églises copier les tableaux. Caterina, son chaperon, s’ennuyait un peu, mais elle l’admirait…
À vingt-deux ans, elle est déjà célèbre à Crémone, dans les cours de Ferrare, Parme et Mantoue. Seul un béotien3 comme ce cher Paolo, crotté de guerres et de campagnes, peut encore l’ignorer. Mais elle doit encore apprendre.
— Sur les conseils de Bernardo Campi j’ai déjà envoyé un dessin de ma fille au maître Buonarroti : un portrait de fillette souriante. Réponse aimable et simple à Sofonisba : C’est bien. Mais traitez donc un sujet plus difficile : un garçon qui pleure ! D’où le choix de l’oeuvre… et de la victime ! Tu tiens dans la main une copie exécutée par Lucia, également bon peintre grâce aux leçons de sa soeur aînée.
Il ajoute, sûr de son effet :
— L’original et son auteur sont aujourd’hui à Rome. Dans l’atelier de Michel-Ange.
Le visiteur stupéfait tombe sans voix sur le velours de la poltrona4.

------------------------------

1 - Entre 1535 et 1545. Un doute plane sur les dates exactes car l’enregistrement des naissances n’est obligatoire que depuis le concile de Trente (1545-1563). Sofonisba est probablement née en 1532.
2 - Même si les écrevisses sont plutôt réputées pour pincer, le titre original du dessin est bien Il fanciullo morso da un gambero.
3 - Paysan inculte. Terme péjoratif peu usité de nos jours.
4 - Fauteuil.

 

Caractéristiques

  • Auteur : Anne COMTOUR
  • Préface : Élise FONTENAILLE
  • Format : 15 x 21 cm, épaisseur 9 mm
  • 154 pages
  • 0,219kg
  • Ce titre comporte : table, Repères historiques, Sources, Bibliographie de l'auteur
  • Non illustré imprimé sur papier ivoire (sans pages vierge - économie de papier)
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5/5

ROSELYNE

5/5

A table !

Ce livre est délectable surtout grâce à sa table. On se délecte déjà en lisant les titres des chapitres :
1 Pinceaux, pinces et crustacés : je vibre, d’autant plus que j’habite en Bretagne !
2 Peaux de lapins et vieux fourneaux : ça s’annonce franchement réjouissant !
3 Pompes ibériques : on se doute bien qu’il ne s’agit pas de pompes à chaleur.
4 L’avenir se précipite : hou la la ! Quel vertige !
5 Nonnes et minium, c’est mignon, et pour les Auvergnats ça réveille le vieux piton de Nonnette.
Vers Rome par quatre chemins ; Combien de Capitaines ; Charybde et Scylla, même E la nave va… : titres évocateurs, formules gravées dans l’inconscient collectif.
Je continue : Escorial moustiques reliques ; Coups de talons et Gloire à Dieu ; Pestilance et Contagions
J’en passe, il y a beaucoup de chapitres car ils sont courts : la lecture n’est jamais lassante.
Il faut donc lire les titres, mais aussi les chapitres !
Comme Elise Fontenaille, la préfacière, plongeons donc dans ce récit enjoué, irradié par le soleil d’Italie, comme dans un torrent d’eau vive.

ROSELYNE

AC

5/5

Je me désolais qu’il y ait si peu de femmes peintres. Et voilà qu’au sortir de cette lecture je découvre cette artiste, cette peintre, jaillie de la Renaissance italienne.
Anne Comtour s’appuie sur une documentation rigoureuse et laisse place aux richesses de son imagination : les lettres de Sofonisba à sa famille, sa rencontre avec Artemisia Gentileschi, puis avec le jeune Van Dyck à Palerme pendant la peste se dégustent comme des gourmandises. On en redemande…

Anne

5/5

Une peintre italienne fait carrière en Espagne et dans son pays, à la fin du XVI siècle : la première biographie en Français de Sophonisba Anguissola. Une femme, mais surtout une artiste capable de consacrer sa vie à sa vocation, avec une liberté de mouvement impensable à l’époque.
Découvrir Sofonisba signifie reconnaître et corriger l’oubli injuste dont beaucoup de femmes artistes sont victimes. Et donner aux nouvelles générations le souffle de poursuivre leurs propres rêves sans distinction de genres.

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