[...] Je me désolais qu’il y ait eu si peu de femmes peintres. Et voilà qu’au sortir de cette lecture, je découvre cette artiste, cette peintresse, jaillie de la Renaissance. [...]

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Description

Auteur : Anne COMTOUR
Préface : Élise FONTENAILLE

BABELIO AVIS DES LECTEURS

VERSION NUMERIQUE DISPONIBLE

4ème de couverture

J’avoue, jusqu’à ce que je lise SOFONISBA, le dernier roman d’Anne Comtour, je n’avais jamais entendu parler de Sofonisba Anguissola.
Et je me désolais qu’il y ait eu si peu de femmes peintres.
Et voilà qu’au sortir de cette lecture, je découvre cette artiste, cette peintresse, jaillie de la Renaissance.
En une centaine de pages, légères, précises, enlevées… Anne C. nous entraîne dans un tourbillon de joie. On suit Sofonisba dans ses apprentissages ; on la voit broyer ses couleurs, tendre ses toiles, manier fusains et pinceaux ; on l’entend jouer du virginal ; on assiste à la naissance de ses talents.
Par la vivacité et la grâce de ces lignes, j’ai la sensation d’avoir découvert, en plus d’un grand peintre injustement méconnu, portraitiste hardie et virtuose, une nouvelle amie ; et cela n’a pas de prix.
Longue vie nouvelle à Sofonisba !
À quand une exposition de ses toiles en France ?
En attendant, plongeons dans ce récit enjoué, irradié par le soleil d’Italie, comme dans un torrent d’eau vive.
Élise Fontenaille

 

EXTRAIT

 

1

Pinceaux, pinces et crustacés

— L’écrevisse ! Ce dessin suinte l’écrevisse ! Et les larmes !

Paolo palpite : la douleur du bambin lui saute à la face. Grimaçant sous ses bouclettes, bouffi par les cris, ses pauvres doigts contractés… Une petite fille le tient par l’épaule, lui sourit, mais c’est elle, la perfide, qui lui a tendu le panier aux écrevisses. Ah, elle peut le réconforter, maintenant !

— Saisissant ! Tu devrais l’envoyer à Michel-Ange Buonarroti. On dit qu’il conseille et encourage les jeunes artistes. C’est de ton fils ?

— Non, de Sofonisba !

Amilcare Anguissola est fier : ses enfants ont du talent. « Garçons ou filles, tous cultiveront leurs dons » a-t-il décidé. « Et ils auront des prénoms carthaginois ! »

Bianca l’approuve pour l’éducation mais rechigne pour le prénom : la mode est plutôt à la mythologie gréco-romaine, aux saints évangélistes ou aux martyrs chrétiens.

— Tradition de ma famille ! maintient Amilcare.

Bianca prie neuf mois pour que l’enfant soit un mâle : un bel Annibale, passe encore ! Fils d’Amilcare, lui-même fils d’Amilcare et petit-fils d’Annibale. Mais le nourrisson rouge et fripé, à la toison déjà épaisse, d’un blond roux chaleureux, est manifestement une fille.

— Sophonisba, prononce le père ému mais autoritaire (il a quarante ans, veuf sans enfant, la tradition ne peut plus attendre) était une prestigieuse reine de Carthage. Fort éduquée en lettres et arts, elle charmait par sa voix, sa beauté, son intelligence. Des rois se sont battus pour elle !

— Bien, dit Bianca, convaincue, acceptons le présage, guerres mises à part. Mais à l’avenir, les prénoms carthaginois, réservons-les aux garçons !

Sur ce, elle engendre cinq filles : Elena, Lucia, Minerva, puis Europa et Anna Maria1. Enfants studieuses et rieuses, tendres et malicieuses.

— Asdrubale, mon fils, est notre dernier né. Il a servi de modèle pour ce Bambin mordu par une écrevisse.2 Ses soeurs l’adorent mais lui font des farces. Il avait trois ans ! Auprès de lui c’est Minerva.

Amilcare sourit. L’enthousiasme, l’application des fillettes illuminaient la maison. Dessiner, colorer… Sofonisba surtout ne s’en lassait jamais. Sans cesse elle demandait à parents, serviteurs, invités, de poser pour elle. À défaut, elle dessinait les fleurs du jardin, les fruits sur le buffet, les légumes du potager. Mais à l’époque, ce ne sont pas des sujets sérieux ! Les portraits, les scènes bibliques, la vie des saints : voilà la vraie peinture ! À huit ans elle brossait son premier autoportrait. À dix ans, elle allait déjà dans les églises copier les tableaux. Caterina, son chaperon, s’ennuyait un peu, mais elle l’admirait…
À vingt-deux ans, elle est déjà célèbre à Crémone, dans les cours de Ferrare, Parme et Mantoue. Seul un béotien3 comme ce cher Paolo, crotté de guerres et de campagnes, peut encore l’ignorer. Mais elle doit encore apprendre.
— Sur les conseils de Bernardo Campi j’ai déjà envoyé un dessin de ma fille au maître Buonarroti : un portrait de fillette souriante. Réponse aimable et simple à Sofonisba : C’est bien. Mais traitez donc un sujet plus difficile : un garçon qui pleure ! D’où le choix de l’oeuvre… et de la victime ! Tu tiens dans la main une copie exécutée par Lucia, également bon peintre grâce aux leçons de sa soeur aînée.
Il ajoute, sûr de son effet :
— L’original et son auteur sont aujourd’hui à Rome. Dans l’atelier de Michel-Ange.
Le visiteur stupéfait tombe sans voix sur le velours de la poltrona4.

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1 - Entre 1535 et 1545. Un doute plane sur les dates exactes car l’enregistrement des naissances n’est obligatoire que depuis le concile de Trente (1545-1563). Sofonisba est probablement née en 1532.
2 - Même si les écrevisses sont plutôt réputées pour pincer, le titre original du dessin est bien Il fanciullo morso da un gambero.
3 - Paysan inculte. Terme péjoratif peu usité de nos jours.
4 - Fauteuil.

 

Caractéristiques

  • Auteur : Anne COMTOUR
  • Préface : Élise FONTENAILLE
  • Format : 15 x 21 cm, épaisseur 9 mm
  • 154 pages
  • 0,219kg
  • Ce titre comporte : table, Repères historiques, Sources, Bibliographie de l'auteur
  • Non illustré imprimé sur papier ivoire (sans pages vierge - économie de papier)

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